Il est temps d'aimer

IL EST TEMPS D'AIMER
« Amis,
Vous m'avez tant dis, « tu as le temps !
Profites-en. Quel âge as-tu ? Oh !tu verras bien le temps venu. »
Mon temps est clos et l'a toujours été.
Dans mon cœur l'écho, d'une course effrénée
battant dans mes cieux
dans mes tempes,
fragilisant de ses sursauts
mon temple.
Chaque seconde en moi doit résonner ce mot :
« Aimer »
Tous les chemins menaient à "ça"
depuis ce premier silence.
Cet après-midi là, j'avais 8 ans je crois.
J'ai bien senti l'appel,
L'herbe verte avait rejoint le ciel.
J'étais, m'a t-il semblé,
dans la matière
de l'éternel.
J'ai trouvé ça bizarre cet arrêt sur image
La lumière de ce vert,
et de ce bleu opale
J'aurai dû entendre murmurer « miraculeux mirage ! »
Au lieu de cela, peut-être du fait de l'âge,
J'ai cru au cauchemar 
aussi la solitude,
enchaîna mon regard.
Jamais je ne revis cet Eden.
Et ce fut amnésique que je poursuivis route.
En proie aux doutes.
Trente après, j'en ai 100.
Pas des doutes,
des ans, sur le guide du
« Comment rentabiliser le temps ».
J'aurai pu faire business...
Astuce : prendre chaque seconde de l'expérience
comme une goutte d'eau, qui nous renvoie
sans cesse à l'Océan,
comme à la gamme
le Do.
Le temps n'est plus.
Le temps nous n'avons plus.
Nous avons assez consommé le temps.
Mangés nos retardements,
repoussé nos délais
d’aimer.
Il faut conclure l'affaire Terre.
Ou descendre au terminus,
Conscient de signer
la fin du processus.
Le temps a changé
du linéaire j'ai glissé vers l'éternité.
Je ne sais pas quand tout ça a commencé.
Je vous quitte et
pourtant, j'arrive à peine.
Juste le temps de sentir
ce nouveau souffle dans mes veines.
Translation.
Ce sont des rivières et des fleuves.
Nouveaux sillons,
Ne disaient-ils pas dans les pubs :
« changez votre alimentation ».
J’acquiesce, sourires aux lèvres.
J'ai laissé fondre en moi,
ce qui toujours levait le glaive.
Bénis les portes closes et les retournements.
Tirer révérence aux acteurs
de mon détournement.
Et Veille toujours ce phare éclairant mes mémoires.
Éveille toujours mes yeux,
souvent reçu comme noirs.
Pourtant derrière l'apparence,
souvent se cache
Aimer,
la promesse d'avant naissance
que nous nous sommes donnés.
Maintenant il est.
Le temps du cœur, le temps d'aimer
le feu du ciel,
le feu igné.
Le temps que ça s'installe, oui,
que le reste remballe ses malles
car l'ancien a bien du mal
à lever les voiles.
Soufflez, respirez.
Mais ne laissez pas trop le temps au temps
Le temps courir sur vos affaires,
courir sur vos pas,
avalez vos élans.
Car tout est déjà arrivé
à son terme.
Tout est achevé sans jamais avoir été né.
Ce n'est qu'une histoire
Un conte d'un soir
Pour s'endormir, s'apaiser
S'imaginer,
Dans les bras d'une Morphée
douce d’espérance
et de fragiles soupirs.
Chaleur des rires.
L'urgence de la planète doit sortir de nos têtes
pour bondir dans nos corps,
dormants encore.
Elle palpite là, l'urgence,
chaque seconde,
chance de sentir sa danse
dans mon astre, dans mon foie,
joyeuse, enivrante,
au rythme des entrelacs
des séismes et guérillas.
Hors temps, lire entre les lignes,
Dire Oui à l'énigme.
Vole !
Vis ton rêve c'est le dernier.
Chante !
Avant le réveil Eternité.
Alors Que faire avant que se lève mes paupières ?
Sans le temps, je ne peux pas attendre.
Alors je peux aimer.
Oser Aimer.
D'abord
L'étoile étincelante
qui partage mes vies et mes nuits triomphantes.
Et Pour les autres, j'offre aussi
l'espace de mon cœur.
Rejoins-le quand tu veux Ami
Rejoins-le dans tes nuits, dans tes rêves.
Prends appui,
jusqu'au rebond de vie,
Quand la voix du mouvement murmurera
Rejoins-toi.
il est temps.».
Depuis l'espace de mon cœur - Extrait. Emilie Labourdette©